Chirurgie vasculaire

Artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI)

La plupart des patients avec AOMI symptomatique rapportent typiquement des douleurs dans les jambes liées à l’effort, avant tout au niveau des muscles du mollet et de la cuisse, qui disparaissent à nouveau après une courte pause en position debout, d’où le terme «maladie des vitrines». Les symptômes s’améliorent spontanément chez la moitié de ces patients, ils restent inchangés sur la durée chez un quart des patients et ils se dégradent avec le temps chez le quart restant. Seuls 5% des patients développent un trouble circulatoire sévère qui peut menacer la jambe mais également la vie du patient. Dans le cadre de ces troubles circulatoires critiques chroniques, les symptômes typiques incluent de fortes douleurs au repos, des plaies ne cicatrisant pas ou des nécroses de la peau.

Diagnostic
Le diagnostic d’AOMI repose sur la mise en évidence d’une irrigation sanguine diminuée des tissus au repos ou à l’effort. Lorsque les pouls pédieux ne sont plus palpables, le patient peut déjà être atteint d’une AOMI. Les examens complémentaires typiques sont la mesure de l’index «cheville-bras» (ABI), un ABI < 0,9 signant la présence d’une AOMI. Pour localiser les sites de rétrécissement vasculaire, on effectue généralement une échographie, qui doit souvent être complétée par une imagerie avec agent de contraste (angiographie), une tomodensitométrie (TDM) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM).

Quand faut-il traiter l’AOMI?
Les patients atteints d’AOMI courent rarement le risque de perdre leur jambe. C’est la raison pour laquelle ces patients disposent en premier lieu d’un traitement non chirurgical et plutôt expectatif. Ils bénéficient d’un entraînement à la marche encadré. En cas de réponse médiocre au traitement ou d’invalidité, une dilatation par ballonnet peut parfois entraîner une nette amélioration. En présence d’un trouble circulatoire critique chronique, la jambe est menacée. Un traitement urgent est alors nécessaire pour la sauver. Le choix de la méthode (chirurgicale ouverte, endovasculaire ou combinée) dépend de multiples facteurs et il est donc préférable qu’elle fasse l’objet d’un consensus entre les spécialistes de plusieurs disciplines. Les besoins du patient doivent également être pris en compte à cet égard.

Technique opératoire
Les rétrécissements fortement calcifiés dans la région de l’artère fémorale sont souvent retirés à l’aide d’une endartériectomie. L’artère est ensuite élargie au moyen d’un tissu biologique (patch). En cas d’obstructions étendues des artères de la cuisse, du genou ou du bas de la jambe, un pontage est souvent nécessaire. A cet effet, une veine superficielle de la jambe (ou du bras) est prélevée au moyen de plusieurs incisions. Celle-ci sert d’artère de substitution pour le pontage des vaisseaux obstrués. Dans certains cas, l’amputation primaire de la jambe, au-dessus ou en-dessous du genou, doit être envisagée. Cependant, on n’y a recours uniquement en l’absence d'autres possibilités de traitement.

Suivi
Un traitement médicamenteux ultérieur est requis afin de diminuer le risque d’infarctus du myocarde et d’AVC. Après un pontage, un traitement anticoagulant supplémentaire est souvent nécessaire.
Des contrôles de suivi réguliers par un spécialiste sont absolument nécessaires pour identifier d’éventuels nouveaux rétrécissements (signe avant-coureur d’obstructions évitables du pontage) et ont lieu pour la première fois 6 à 12 semaines après l’opération.